Attention, grosse philosophie du soir!

Mon italien et moi, c'est une grande histoire.
Je parle de la langue, pas de mon amoureux, parce que là n'est pas le propos, un peu de privacy, merde!
Si maintenant je peux dire sans trop me la pêter que j'ai un italien ''fluent', ça n'a bien évidement pas été le cas toute ma vie, bin non, sinon ça aurait été trop simple!

Pendant les années où je trainais encore mes jeans sur les bancs de l'école, j'étais même assez nulle, les verbes à apprendre, tout ça, trop chiant quoi.

Pendant les (premieres) années où je trainais mes jeans sur les bancs de la fac, pareil, pas capable de valider la matière avec une note décente. 13/20 dans le cas où tu as une maison en italie et que tu y vas depuis ta plus tendre enfance, c'est juste la grosse te-hon. Mais là, toujours pareil, les verbes à apprendre, pfff, che palle.

Pendant les (premieres) années où je trainais mes jeans dans les trains (genre la grosse traï-be) en direction de l'italie (italian love story acte 1) je ne parlais jamais en italien, N. et moi étions un couple bizarre, où chacun parlais dans sa langue, tout en se comprennant (presque toujours) parfaitement. Et puis des fois lui me parlais français. C'est d'ailleurs en l'entendant dire "je m'en bas les couilles à ma tante" que je me suis dis que peut-être j'avais un français un peu vulgos.
Mais moi, jamais un mot d'italien, les "r" qui roulent, les mots qui chantent, à non, trop la te-hon.
Quand on me demandait pourquoi je ne parlais pas italien, ma réponse éternelle était "parce que j'ai honte, parce que je ne suis pas capable".
J'étais persuadée que j'étais comme les enfants "wait and see", ceux qui ne commencent à parler que très tard, mais dès lors qu' ils parlent, font directement des phrases structurées et n'ont pas de défauts de prononciation.

Au final j'avais (pas trop) tort. Quand N. et moi sommes devenus "N. d'un côté et Claire de l'autre", je me suis rendue compte que pendant toutes ces années, j'avais emagasiné (excuse l'orthographe stp) des verbes (ouais je sais, je fais une fixette) des mots, des expressions, et que, purge d'Adèle, j'étais capable de tenir une conversation à la hauteur de mon intellect (ça va, yavait pas trop de travail, vu le level!), je pouvais commander au resto, payer une carte postale, et truc de fou, acheter un timbre!
Mais c'est pas si facile que ça, l'italien est fourbe, changeant, lunatique, inconstant.
Pour ne pas qu'il s'efface de mon petit cerveau de poule, il a fallu que je me mate pleins de films hautement intellectuels tout en notant les expressions que je ne connaissait pas, que je chante tonne de chansons avec les paroles devant les yeux, pour que ma langue soit capable de soutenir le débit de l'italien.

Ensuite, il a fallu que je me défasse de cette purée de honte que j'ai à parler italien.
J'ai en écho dans ma tête ces français qui ne font aucun effort ne serait ce que pour rouler les "r" et qui sont persuadés d'être trop des killers en italien. "mais au moins ils osent" me rétorque t-on souvent. Ouais, ok, mais moi, ça agresse mes oreilles.

Enfin, j'ai dû surmonter ma peur bleue de me tromper dans, devinez quoi... les VERBES!
Imaginez parler avec une personne qui dise "il faut que je vais acheter le pain".
Je sais qu'avec un accent mignon tout passe, mais moi, dans ma tête de psychorigide, NON!

Alors au final, je parle un italien vulgaire (copains oblige), truffé de fautes (t'avais qu'a à apprendre tes verbes ma fille), avec une touche d'accent français (c'est pas ma faute, à partir d'un certain âge, c'est plus compliqué) mais c'est MON italien, je l'ai construit à la force de mon mental (oh mais geeeeeeeeenre! non en vrai, je savais pas comment finir ma phrase!)
Cette satanée honte de me tromper, de mal dire etc, n'est jamais bien loin la conasse, alors quand un con d'italien me fait remarquer d'une manière un peu trop.. euh... "jte prends de haut"  que je me suis trompée, ou que je prononce mal quelquechose, vous pouvez pas savoir comme ça me vexe, et pour un petit moment (bon en vrai, 3 secondes et demi) je ne peux plus prononcer un mot.

Et le pire de tout, c'est quand la personne en face de moi 1) me le fait remarquer 2) en se moquant ouvertement 3) en ne sachant parler que sa propre langue maternelle là, ça fuse directement en insulte!
Parce que ça, bizarrement, c'est assez universel..!!


ça va, 3615 "comment ma life elle est trop cool" t'as plus?
allez, si t'es sage, demain je te raconterai comment j'ai découvert que le père noël c'était un gros pipeau d'adultes.. OU PAS, puisque demain je me casse à Rome avec mes copains!

Allez, Have fun les poulets!