IMG_4564

Samedi.
l'entrée sur Marseille. Summertime dans les oreilles, un immense arc-en-ciel en face de moi qui transperce le gris sombre du ciel. Welcome Home.
C'est bon de se sentir chez soi.


Dimanche
A peine levée me faire manger les jambes par les moustiques tigres ah oui c'est vrai, j'avais oublié, les couvrir jusqu’aux pieds pour ne pas me les faire dévorer.
La maman de F. a enfin réussi à mettre son fils à la porte mais c'est mon bébé ça et qui voudrait que je l'épouse. A vrai dire c'est jamais avec les mamans que ça coince.
Mais comment on fait pour être une maman (bon ça déjà) aussi cool, vive et rigolote?
Moi grande je veux faire même maman qu’elle.
Et F. toujours sympa ah c’est une tenue pour déménager ça !
Bloquer une rue, se faire insulter, porter des trucs super lourds un étage plus haut, exploser un petit vase, demander mais c'est quoi un samovar? (à part un personnage dans la Belle et la Bete, bien-sûr!)

Je n’ai pas très envie qu’ils partent et qu'ils mettent un océan entre nous alors pour saluer Copine, son amoureux et ma filleulette, je passe, je papote, je bisoute et je m’en vais. Les aurevoirs c’est vraiment trop moche.

Les repas au resto du dimanche soir avec ma Assos à refaire le monde. mais des repas comme ça il faudrait qu’ils durent 3 jours. Doux rituel qui fait que rien que pour ça je pourrais retourner vivre à marseille.


Lundi.
Prendre le métro sous la pluie et aller chez le dentiste avec mon papa comme à 10 ans et avoir peur des bruits de fraises comme à 10ans.
Refuser des invitations parce que non désolée, j'ai déjà un truc prévu lundi soir et voir que l’heure tourne et que mon téléphone reste muet et le sien aussi. putaiiiin j’en étais sûre, le con.
Me glisser sous ma couette en lisant les vieux livres qui trainent dans le studio depuis le lycée.
Recevoir un texto à 1h du mat, me rhabiller (ou pas) et traverser la ville. Demander à chaque intersection je vais où là? parce que dès qu'il y a quelqu'un dans ma voiture, je ne sais plus les chemins dans marseille.

Se poser à la plage. Parler, parler, parler. de l'inde, de l'inde, de l'inde. des nuits dans les trains, de la petite Claire recroquevillée dans une housse de couette pour échapper aux cafards soit-disant mangeurs de tympans, de notre course effreinée et discrète dans les toutes petites rues un soir à Bénares pour échapper à 2 monsieurs beaucoup trop bien habillés pour ne pas être suspects.
Et recevoir un texto, à cet instant précis, du garçon qui courait à mes côtés ce soir-là.
C’est étrange, parfois, la vie et ses hasards.

Les rats la nuit qui grouillent là où les baigneurs le jour posent leurs fesses.
le rat qui vient dans ma direction quand V. jete son sac de domac dans la poubelle. Aaaaaah!
qu'est ce qu'on disait déjà?
ah oui, pourquoi je m'appelle  Claire? alors que c'est franchement le prénom qui me va le moins bien, de la sage-femme qui demande à mes parents  vous êtes bien sûrs, Claire, avec tout ces cheveux noirs là ? à la personne que je suis maintenant. Claire.. Claire.. Claire.. Embrouillée plutot, mais Claire pas vraiment.

On joue à moi je suis une touriste et toi tu veux me montrer un super joli endroit et on fini à Notre Dame de la Garde. c'est tellement cliché mais tellement beau, la ville un peu endormie de 3h du mat et la rumeur qui s'en échappe.
Et parler des rêves qu'on a ou pas, avec cette vue là.
les gens qui ont des rêves sont bien plus en avance que nous, que moi. ah mais ça c'est sûr. ils ont une force qu'on n'a pas.
Et là, la seule chose que je suis sûre d'avoir envie de faire, là maintenant, dans ma confiture de cerveau, c'est partir en voyage, même en Europe, même pas loin, et m'asseoir à la terrasse d'un café pour écrire et raconter un pays qui n'est pas le mien.


Mardi.
le soleil qui réchauffe et les jambes nues. ça change.
L'école de mon Papa, qui a changé, et dans laquelle il n'est jamais allé.
Je rigolais comme d’habitude, avec V. comme d'habitude, sur le parking de l'école, mais quand il a fallu rentrer et dire je suis la fille de Mr B j'avais comme un poids entre les côtes.
Et cet air géné que prennent les gens en parlant de lui. vous lui ferez de gros bisous, on pense beaucoup à lui
Et ce casier qui déborde avec son prénom sous lequel il y a écrit directeur.
Et pour sortir me perdre dans l'école de mon papa. me perdre. dans l'école. de mon papa.
Tout ça ça serre le cœur et trouble les yeux.
Mais quand je suis enfin dehors, il y a V. hilare au téléphone assis en vrac sur le trottoir.


Et rentrer faire mon sac. et faire le chemin inverse, et perdre des degrés, et prendre de l'altitude.

C'était bien ce weekend, à bientôt Marseille..