Ma vie était tranquille, la vie banale d'une petite lycéenne de 17 ans, et puis un coup de téléphone, un maman qui part, un papa qui rentre à la maison avec deux adolescents accrochés à lui, et une phrase toute simple balancée dans l'urgence d'une situation qui nous dépassait tous..
Et puis le "problème" d'avoir à annoncer à une petite fille de 9 ans que son papa a décidé de ne plus vivre, et que malgrè l'amour immense qu'il lui porte, elle va devoir apprendre à vivre sans lui... à 9ans..
Comment annoncer l'inacceptable à cette petite fille, trop ravie de me voir arriver avec MON PAPA, pour lui dire que le sien a choisi de mourir ?
Et pourtant, c'est ce qu'on a fait, lui et moi, lui expliquer l'inexplicable, et sa petite voix, pleine de larmes "mais alors, il est mort ? "  "oui ma chérie, il est mort"

6 ans sont passés, jamais je n'oublierai ces moments, la nuit qui a suivi, le jour d'après où l'on va à l'école comme si de rien n'était pour pouvoir craquer tranquille, l'impossibilité de fermer les yeux sous peine de voir un cadavre pendu à un arbre, le chagrin des grands, des petits, les obsèques, et surtout ma petite cousine, qui souffre chaque jour de ce grand absent, et souvent, je pense au fait que bientot, elle passera le cap d'avoir vécu plus longtemps sans son père qu'avec.. et ça, même 6 ans après, ça fait mal..
Et ça fera pareil mal quand ça fera 10 ans, 15 ans, 20 ans...

6 ans sont passés, qui ont profondement transformés la famille qu'on était, qui l'ont tout simplement faite exploser, et pourtant, la vie continue. Quelq'un m'a dit hier ''après la nuit la plus tragique arrive toujours l'aube", et c'est bien vrai, au final dans cette histoire, j'espere en être sortie plus forte, même si je pense chaque jour à cette petite fille, qui depuis 6 ans, vit sans son papa..